{"id":1157,"date":"2021-07-18T23:36:29","date_gmt":"2021-07-18T23:36:29","guid":{"rendered":"https:\/\/anthropological.cloud\/wau\/wcaa\/?post_type=propios-terminos&#038;p=1157"},"modified":"2021-07-18T23:36:55","modified_gmt":"2021-07-18T23:36:55","slug":"bouchard-et-al","status":"publish","type":"propios-terminos","link":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/propios-terminos\/bouchard-et-al\/","title":{"rendered":"Les M\u00e9tis oubli\u00e9s de l\u2019Outaouais : Une analyse ethnographique d\u00e9bordant les fronti\u00e8res de la rivi\u00e8re Rouge"},"content":{"rendered":"<p><strong>Michel Bouchard (Universit\u00e9 du Nord de la Colombie-Britannique), S\u00e9bastien Malette (Universit\u00e9 Carleton), Guillaume Marcotte (Historien ind\u00e9pendant)<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1160 size-large\" src=\"https:\/\/anthropological.cloud\/wau\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-1024x641.jpeg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"501\" srcset=\"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-1024x641.jpeg 1024w, https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-300x188.jpeg 300w, https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-768x481.jpeg 768w, https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-1536x961.jpeg 1536w, https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-content\/uploads\/bmm_image-2048x1282.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p><em>Image: Barrages et \u00e9cluses \u00e0 l\u2019\u00eele Long, sur le canal Rideau, Haut-Canada, Ottawa. John Philip Bainbrigge. Vers 1842. Biblioth\u00e8que et Archives Canada, 1970-188-1989. Bytown (Ottawa) a servi, d\u00e8s sa fondation en 1826, de carrefour commercial aux M\u00e9tis et autres \u00ab\u00a0freemen\u00a0\u00bb de l&#8217;Outaouais.<\/em><\/p>\n<h2>Une histoire n\u00e9glig\u00e9e<\/h2>\n<p>Repr\u00e9sentant un carrefour historique de la traite des fourrures, la r\u00e9gion de l\u2019Outaouais aurait d\u00fb attirer l\u2019attention des chercheurs en \u00e9tudes canadiennes et m\u00e9tisses. L\u2019histoire de cette r\u00e9gion partage en effet avec celles des territoires de la rivi\u00e8re Rouge ou du Nord-Ouest l\u2019\u00e9pop\u00e9e de \u201cgens libres\u201d parfois concurrents, parfois employ\u00e9s, des grandes compagnies de fourrures. Ces engag\u00e9s et\u00a0<em>freemen<\/em>, tout comme d\u2019autres voyageurs des Pays d\u2019en Haut, prenaient fr\u00e9quemment comme \u00e9pouses des femmes autochtones, leurs enfants devenant ce que l\u2019on nommait jadis des \u201cM\u00e9tifs\u201d (ancienne variation de \u201cM\u00e9tis\u201d) ou \u201cBois-Br\u00fbl\u00e9s\u201d. Et pourtant, peu de travaux se sont pench\u00e9s sur l\u2019existence historique des M\u00e9tis de cette r\u00e9gion du Qu\u00e9bec. Au Canada, il est vrai que les M\u00e9tis sont surtout connus comme des chasseurs de bisons, issus d\u2019une population m\u00e9tiss\u00e9e n\u00e9e de la descendance de Canadiens (fran\u00e7ais) ou d\u2019\u00c9cossais, parfois m\u00eame d\u2019Iroquois, et de femmes des Premi\u00e8res Nations du Nord-Ouest. Il est \u00e9galement vrai que l\u2019id\u00e9e que les M\u00e9tis forment un peuple, voire une nation, surgit initialement dans le contexte des \u00ab\u00a0guerres du p\u00e9mican\u00a0\u00bb, prenant racine dans l\u2019ouest canadien au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Suivant les r\u00e9sistances de la rivi\u00e8re Rouge (1869-70) et des Territoires du Nord-Ouest (1885), les M\u00e9tis de l\u2019Ouest marqu\u00e8rent encore plus fortement l\u2019histoire du Canada, avec notamment la naissance de la province du Manitoba (1870), et la condamnation \u00e0 mort de Louis Riel, qui scella tragiquement l\u2019issue de la deuxi\u00e8me r\u00e9sistance des M\u00e9tis de l\u2019Ouest.<\/p>\n<h2>L\u2019exclusion des \u201cautres M\u00e9tis\u201d<\/h2>\n<p>Depuis une quarantaine d\u2019ann\u00e9es, un nombre croissant de chercheurs universitaires s\u2019appuient sur cette historiographie populaire pour affirmer que seuls les descendants des M\u00e9tis de l\u2019Ouest devraient se m\u00e9riter l\u2019appellation de \u00ab\u00a0M\u00e9tis\u00a0\u00bb. Il est ainsi sugg\u00e9r\u00e9 qu\u2019eux seuls parvinrent \u00e0 d\u00e9velopper une conscience politique suffisamment \u00ab\u00a0mature\u00a0\u00bb pour \u00eatre une nation. Il s\u2019ensuit que les descendants des autres \u00ab\u00a0M\u00e9tis\u00a0\u00bb se voient rabaiss\u00e9s au titre de simples \u00ab\u00a0sang-m\u00eal\u00e9s\u00a0\u00bb ou de faux-autochtones, en particulier les M\u00e9tis de l\u2019est du Canada (voir Andersen 2014, Gaudry et Leroux 2017). \u00c0 cela s\u2019ajoute une judiciarisation de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tisse qui, depuis l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Powley<\/em>\u00a0de 2003, demande la d\u00e9monstration d\u2019une communaut\u00e9 historique afin d\u2019\u00e9tablir des droits constitutionnels en fonction de l\u2019article 35 (Chr\u00e9tien 2008, Ens et Sawchuk 2016, Rivard 2017). Un regard plus critique sur l\u2019histoire des M\u00e9tis du Canada montre pourtant que celle-ci d\u00e9borde largement des r\u00e9cits nationalistes qui se limitent aux seuls M\u00e9tis de l\u2019Ouest (Michaux 2017, Gagnon 2019). Par exemple, les incidents arm\u00e9s de la Pointe aux Mines, dans les Grands Lacs au milieu du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, illustrent bien l\u2019existence d\u2019actions collectives de la part des M\u00e9tis de l\u2019est ontarien (McNab 1985). La n\u00e9gociation politique de r\u00e9serves pour les M\u00e9tis aux \u00c9tats-Unis, voire de trait\u00e9s (notamment \u00e0 Sault-Sainte-Marie en 1850 et au Lac \u00e0 la Pluie en 1875), d\u00e9montre que les M\u00e9tis forment un peuple diasporique diss\u00e9min\u00e9 sur plusieurs fronti\u00e8res de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, comme le rapporte Alexis de Tocqueville (1860) lors de son voyage surla fronti\u00e8re du Michigan.<\/p>\n<h2>La communaut\u00e9 historique des M\u00e9tis de l\u2019Outaouais<\/h2>\n<p>Nos travaux r\u00e9v\u00e8lent en outre qu\u2019il y a bel et bien eu une communaut\u00e9 m\u00e9tisse historique de type r\u00e9gional dans les environs de l\u2019Outaouais. En effet, les zones frontali\u00e8res que d\u00e9crit Tocqueville incluent manifestement la r\u00e9gion de l&#8217;Outaouais jusque dans les ann\u00e9es 1840 (Bouchard, Malette et Marcotte 2019). Faisant alors partie de l\u2019<em>Indian Country<\/em>, les vall\u00e9es sup\u00e9rieures des rivi\u00e8res Gatineau, du Li\u00e8vre et des Outaouais \u00e9taient toujours sous le contr\u00f4le de nations telles que les \u00ab\u00a0T\u00eate-de-Boule\u00a0\u00bb (Atikamekw), les \u00ab\u00a0Algonquins\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0Nipissings\u00a0\u00bb (Anishinabek). Ceux-ci vendaient alors leurs fourrures dans diff\u00e9rents postes de traite de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson, qui \u00e9taient tous fr\u00e9quent\u00e9s ou habit\u00e9s par des familles de \u00ab\u00a0M\u00e9tifs\u00a0\u00bb, selon la description qu\u2019en a fait le p\u00e8re missionnaire Bellefeuille (BAnQ-RN 1838, 6). Nous remarquons que la pr\u00e9sence collective et distinctive des M\u00e9tis dans la r\u00e9gion de l\u2019Outaouais se retrouve \u00e9galement dans les descriptions du rapport de Frederick Ingall, qui fut commissionn\u00e9 en 1829 par le Parlement du Bas-Canada pour explorer le potentiel agricole de cette m\u00eame r\u00e9gion. C\u2019est ainsi que Ingall t\u00e9moignera de la pr\u00e9sence de \u00ab\u00a0M\u00e9tifs\u00a0\u00bb dans la r\u00e9gion de l\u2019Outaouais; une population parlant notamment le fran\u00e7ais et courant la \u00ab\u00a0d\u00e9rouine\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire se d\u00e9pla\u00e7ant sur le territoire afin d\u2019y acqu\u00e9rir des fourrures (Bouchard, Malette et Marcotte 2019\u00a0: 57-63). La pr\u00e9sence de M\u00e9tis et autres gens libres fut aussi remarqu\u00e9e par d\u2019autres contemporains de Ingall, tant au nord qu\u2019au sud de la rivi\u00e8re Gatineau. Par exemple, Alexander Shirreff notait en 1831, \u00e0 propos du hameau de La Passe, que l\u2019endroit annon\u00e7ait un \u00ab\u00a0repaire d\u2019anciens traiteurs \u2014 Fran\u00e7ais, ou Bois-Br\u00fbl\u00e9s\u00a0\u00bb (Shirreff 1831\u00a0: 265; notre traduction). La pr\u00e9sence des M\u00e9tis dans l\u2019Outaouais s\u2019observe donc \u00e0 une \u00e9chelle r\u00e9gionale \u00e9largie, diss\u00e9min\u00e9e sur le r\u00e9seau des lacs et rivi\u00e8res qui abondent dans la r\u00e9gion. Les M\u00e9tis de l\u2019Outaouais partageaient ainsi un mode de vie similaire aux M\u00e9tis d\u2019autres r\u00e9gions du Canada, en plus de traits culturels distinctifs se rattachant aux membres de ces groupes (Devine 2004, Macdougall 2010, Foxcurran, Bouchard et Malette 2016).<\/p>\n<h2>P\u00e9tition des Algonquins et traditions orales<\/h2>\n<p>Notons que nos recherches ont permis de mettre \u00e0 jour une p\u00e9tition des Algonquins adress\u00e9e aux Affaires indiennes en 1874, d\u00e9taillant comment ces premiers se plaignaient des M\u00e9tis et autres autochtones non-Algonquins cherchant \u00e0 contr\u00f4ler leur r\u00e9serve. Dans ce document sign\u00e9 par les Algonquins de Maniwaki, on souligne le m\u00e9contentement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de la bande : \u00ab\u00a0Par cons\u00e9quent, nous demandons \u00e0 notre Grand Chef [le gouvernement canadien] s\u2019il pr\u00e9f\u00e8re ces M\u00e9tis \u00e9cossais ou M\u00e9tis fran\u00e7ais, plut\u00f4t que nous, purs Algonquins\u00a0\u00bb (BAC 1874\u00a0: 2, notre traduction). M\u00eame si quelque uns de ces M\u00e9tis r\u00e9ussirent \u00e0 obtenir le statut d\u2019Indien par divers proc\u00e9d\u00e9s, il est clair que la pr\u00e9sence des M\u00e9tis dans la r\u00e9gion demeure continue, comme en t\u00e9moignent les descriptions historiques de la part divers acteurs, qui s&#8217;\u00e9chelonnent entre les ann\u00e9es 1830 et 1940 (Bouchard, Malette et Marcotte 2019). Le maintien de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tisse outaouaise s\u2019observe en outre dans des traditions orales toujours transmises entre les descendants des M\u00e9tis de l\u2019Outaouais. Un exemple significatif de cette tradition orale demeure le t\u00e9moignage de Violet Lalonde sur son a\u00efeule Marie-Louise Riel McGregor. Dans un document dactylographi\u00e9 datant de 1980, Lalonde raconte l\u2019\u00e9pop\u00e9e de Marie-Louise qui accueillit son proche parent, le chef m\u00e9tis Louis Riel, alors en exil suite \u00e0 la r\u00e9sistance des ann\u00e9es 1869-70. Il est ainsi rapport\u00e9 que Louis Riel chercha refuge aupr\u00e8s des siens en Outaouais, alors qu\u2019il \u00e9tait recherch\u00e9 par des chasseurs de prime. Utilisant les r\u00e9seaux clandestins des familles autrefois rompues \u00e0 la contrebande de fourrures, les M\u00e9tis de la r\u00e9gion auraient assist\u00e9 Louis Riel, guid\u00e9 par la sage-femme Marie-Louise Riel, se reconnaissant elle-m\u00eame alors comme proche parente de Louis et membre du peuple m\u00e9tis. Cette tradition orale rapport\u00e9e par Lalonde se voit en outre confirm\u00e9e dans de nombreux documents archivistiques (Bouchard, Malette et Marcotte 2019\u00a0: 155-164, Malette et Marcotte 2017). Nos recherches s\u2019appuient ainsi sur un corpus historique int\u00e9grant \u00e0 la fois les archives et l\u2019histoire orale. Nous y faisons \u00e9tat du m\u00eame processus d\u2019ethnogen\u00e8se que l\u2019on retrouve ailleurs sur le continent : les \u00ab\u00a0gens libres\u00a0\u00bb de la traite des fourrures ne s\u2019int\u00e8grent pas enti\u00e8rement aux communaut\u00e9s des Premi\u00e8res Nations, mais tr\u00e8s souvent s\u2019\u00e9tablissent dans de petites communaut\u00e9s o\u00f9 se c\u00f4toient les M\u00e9tis, mais aussi d\u2019autres autochtones, en plus des quelques Europ\u00e9ens et Canadiens associ\u00e9s \u00e0 leur mode de vie. C\u2019est ainsi que l\u2019arpenteur Joseph Bouchette soulignait en 1832 l\u2019existence de \u00ab\u00a0Bois-Br\u00fbl\u00e9s\u00a0\u00bb vivant en squatteurs en Outaouais (Bouchette 1832\u00a0: 190). L\u2019arpenteur John Snow, quant \u00e0 lui, d\u00e9nombrait dans son carnet de 1848 les squatteurs au Lac Sainte-Marie, une communaut\u00e9 form\u00e9e en majorit\u00e9 de gens libres de la fourrure, et presqu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 de familles m\u00e9tisses (BAnQ-Q 1848, 73-76; Bouchard, Malette et Marcotte 2019\u00a0: 128-133).<\/p>\n<h2>La nation m\u00e9tisse de Louis Riel, aussi dans l\u2019Outaouais<\/h2>\n<p>Soulignons enfin que l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tisse en Outaouais se voit non seulement associ\u00e9e \u00e0 une ethnogen\u00e8se typique du Nord-Ouest (le regroupement de familles de gens libres), mais qu\u2019elle s\u2019exprime aussi \u00e0 travers diverses formes d\u2019expressions nationalistes m\u00e9tisses au XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. L\u2019\u00e9tude que nous avons fait de Patrick Riel de Maniwaki, un soldat de la Grande Guerre mort au combat en Europe, t\u00e9moigne notamment d\u2019un attachement \u00e0 la notion de nation m\u00e9tisse, mais aussi d\u2019une reconnaissance de cette appartenance de la part de ses pairs dans l\u2019Ouest. Cette reconnaissance s\u2019exprime aujourd\u2019hui sur le m\u00e9morial national des v\u00e9t\u00e9rans m\u00e9tis \u00e0 Batoche (Saskatchewan), mais demeure toujours ignor\u00e9e par un nombre de chercheurs vou\u00e9s \u00e0 la d\u00e9fense d\u2019un n\u00e9o-nationalisme m\u00e9tis souhaitant rompre avec les M\u00e9tis de l\u2019est du Canada (Malette et Marcotte 2019). L\u2019expression d\u2019un nationalisme identitaire chez les M\u00e9tis de l\u2019Outaouais ne s\u2019\u00e9vanouit pas pour autant. Avec le \u00ab\u00a0r\u00e9veil Indien\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1960-70, les journaux de l\u2019\u00e9poque t\u00e9moignent en effet de la volont\u00e9 des M\u00e9tis de cette r\u00e9gion du Qu\u00e9bec de se voir reconna\u00eetre parmi les peuples autochtones qui seront reconnus par la Loi constitutionnelle de 1982 (Bouchard, Malette et Marcotte 2019\u00a0: 205-214).<\/p>\n<h2>Conclusion : une lutte pour la reconnaissance qui se poursuit<\/h2>\n<p>Suivant une lutte ardue pour une reconnaissance constitutionnelle qui unifia au d\u00e9part les Indiens sans statut et les M\u00e9tis du Qu\u00e9bec (Assembl\u00e9e nationale du Qu\u00e9bec 1983), les M\u00e9tis de l\u2019Outaouais seront \u00e9cart\u00e9s par l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau mouvement politique m\u00e9tis dans l\u2019Ouest canadien au lendemain des n\u00e9gociations constitutionnelles (1983), niant d\u00e9sormais l\u2019identit\u00e9 des M\u00e9tis de l\u2019est du Canada. Cette position sera reprise par les gouvernements canadiens et qu\u00e9b\u00e9cois qui refusent toujours de reconna\u00eetre l\u2019existence de M\u00e9tis dans les provinces \u00e0 l\u2019est de l\u2019Ontario, et plus r\u00e9cemment par certains universitaires d\u00e9ployant des accusations de \u00ab\u00a0race-shifting\u00a0\u00bb et d\u2019opportunisme; une rh\u00e9torique versant dans la politique identitaire et se moquant d\u2019une histoire qui commence \u00e0 peine \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e s\u00e9rieusement (Leroux 2019). Devant ces nombreux obstacles \u00e0 leur reconnaissance, les M\u00e9tis de Maniwaki sont pr\u00e9sentement devant les tribunaux afin de se faire reconna\u00eetre comme communaut\u00e9 m\u00e9tisse titulaire de droits constitutionnels, conform\u00e9ment aux crit\u00e8res \u00e9tablis par la Cour supr\u00eame dans l\u2019arr\u00eat\u00a0<em>Powley<\/em>\u00a0de 2003. Sur le plan historique, nos travaux confirment l\u2019existence bien tangible des M\u00e9tis en Outaouais. La communaut\u00e9 contemporaine de Maniwaki regroupe entre autres des descendants m\u00e9tis de la communaut\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et leur histoire m\u00e9rite une nouvelle lecture, loin de la myopie historiographique (Ray 2011) qui ne s\u2019est attard\u00e9e, bien souvent, qu\u2019\u00e0 d\u00e9crire les r\u00e9sistances des M\u00e9tis de la rivi\u00e8re Rouge.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Andersen, Chris. 2014.\u00a0<em>M\u00e9tis: Race, Recognition, and the Struggle for Indigenous Peoplehood.<\/em>Vancouver, UBC Press.<\/p>\n<p>Assembl\u00e9e nationale du Qu\u00e9bec. 1983. \u00ab Audition de personne et d\u2019organismes autochtones sur les droits et les besoins fondamentaux des Am\u00e9rindiens et des Inuits \u00bb.\u00a0<em>Journal des D\u00e9bats. Commissions parlementaires<\/em>, Quatri\u00e8me session, 32e l\u00e9gislature (24 novembre 1983, No. 168).<\/p>\n<p>BAC, Biblioth\u00e8que et Archives Canada, Ottawa. Maniwaki Reserve\u2014Complaints by the chiefs against Mr. Baudin, the present Indian agent. 1874\u20131875. RG 10, volume 1940, dossier 3987.<\/p>\n<p>BAnQ-Q, Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec, centre de Qu\u00e9bec. Carnet G-25, Cantons Aylwin et Hincks\/John Allan Snow. \u2013 1848-05-08. Fonds minist\u00e8re des Terres et For\u00eats. E21, S60, SS3, PG25.<\/p>\n<p>BAnQ-RN, Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec, centre de Rouyn-Noranda. Journal d\u2019une Mission faite dans l\u2019\u00c9t\u00e9 de 1838, au lac T\u00e9miskaming, au lac d\u2019Abittibi, au Grand Lac et au Fort des Allumettes [copie]. 1838. Fonds Donat Martineau, P10, S3, SS3, D4, P29.<\/p>\n<p>Bouchard, Michel, S\u00e9bastien Malette et Guillaume Marcotte. 2019.\u00a0<em>Les Bois-Br\u00fbl\u00e9s de l\u2019Outaouais : Une \u00e9tude ethnoculturelle des M\u00e9tis de la Gatineau<\/em>. Qu\u00e9bec : Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval.<\/p>\n<p>Bouchette, Joseph. 1832.\u00a0<em>The British Dominions in North America ; or a Topographical and Statistical Description of the Provinces of Lower and Upper Canada, New Brunswick, Nova Scotia, the Islands of Newfounland, Prince Edward, and Cape Breton. Including Considera- tions on Land-Granting and Emigration. To Which are Annexed, Statistical Tables and Tables of Distances, &amp;c.\u00a0<\/em>Vol. 1. Londres, Longman, Rees, Orme, Brown, Green, and Longman, Paternoster-Row.<\/p>\n<p>Chr\u00e9tien, Annette. 2008. \u00ab From the \u2018 Other Natives\u2019 to the \u2018Other M\u00e9tis\u2019\u00a0\u00bb.\u00a0<em>The Canadian Journal of Native Studies<\/em>\u00a028 (1)\u00a0: 89-118.<\/p>\n<p>Devine, Heather. 2004.\u00a0<em>The People Who Own Themselves: Aboriginal Ethnogenesis in a Canadian Family, 1660\u20131900<\/em>. Calgary, University of Calgary Press.<\/p>\n<p>Ens, Gerhard et Joe Sawchuk. 2016.\u00a0<em>From New Peoples to New Nations: Aspects of M\u00e9tis History and Identity from the Eighteenth to Twenty-First Centuries<\/em>. Toronto, University of Toronto Press.<\/p>\n<p>Foxcurran, Robert, Michel Bouchard et S\u00e9bastien Malette. 2016.\u00a0<em>Songs Upon the Rivers : The Buried History of the French-Speaking Canadiens and M\u00e9tis from the Great Lakes and the Mississippi across to the Pacific<\/em>. Montr\u00e9al, Baraka Books.<\/p>\n<p>Gagnon, Denis. 2019\u00a0<em>Le statut de M\u00e9tis au Canada<\/em>. Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval.<\/p>\n<p>Gaudry, Adam et Darryl Leroux. 2017. \u00ab\u00a0White settler revisionism and Making Metis everywhere : The Evocation of M\u00e9tissage in Quebec and Nova Scotia\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Critical Ethnic Studies<\/em>\u00a03\u00a0(1) : 116-142.<\/p>\n<p>Ingall, Frederick L., H. Nixon et John Adams. 1830. \u00ab\u2009Journal d\u2019une exp\u00e9dition nomm\u00e9e pour explorer l\u2019\u00e9tendue de Pays situ\u00e9e entre la Rivi\u00e8re Saint-Maurice et la Rivi\u00e8re Au Li\u00e8vre\u2009; compil\u00e9 par le Lieutenant Ingall, d\u2019apr\u00e8s les notes prises dans le cours du voyage.\u2009\u00bb Dans\u00a0<em>Appendice du XXXIXe Volume des Journaux de la Chambre d\u2019Assembl\u00e9e de la Province du Bas-Canada<\/em>, Troisi\u00e8me Session du Treizi\u00e8me Parlement Provincial, Appendice (S.) [sans pagination].<\/p>\n<p>Leroux, Darryl. 2019.\u00a0<em>Distorted Descent: White Claims to Indigenous Identity<\/em>. Winnipeg, University of Manitoba Press.<\/p>\n<p>Macdougall, Brenda. 2010.\u00a0<em>One of the Family: Metis Culture in Nineteenth-Century Northwestern Saskatchewan<\/em>. Vancouver, UBC Press.<\/p>\n<p>Malette, S\u00e9bastien et Guillaume Marcotte. 2017. \u00ab\u00a0Marie-Louise : Protector of Louis Riel in Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Media Tropes\u00a0<\/em>7 (1) : 26-74.<\/p>\n<p>Malette, S\u00e9bastien et Guillaume Marcotte. 2019. \u00ab \u201cCe h\u00e9ros dont la nation m\u00e9tisse en g\u00e9n\u00e9ral doit \u00eatre fi\u00e8re\u201d : Le soldat Patrick Riel de Maniwaki\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Rabaska : Revue d\u2019ethnologie de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise\u00a0<\/em>17 : 11-32.<\/p>\n<p>Michaux, Emmanuel. 2017.\u00a0<em>L\u2019identit\u00e9 m\u00e9tisse dans l\u2019est du Canada : enjeux culturels et d\u00e9fis politiques<\/em>. Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval.<\/p>\n<p>Ray, Arthur J. 2011.\u00a0<em>Telling it to the Judge\u00a0: Taking Native History to Court<\/em>. Montr\u00e9al et Kingston, McGill-Queen\u2019s University Press.<\/p>\n<p>Rivard, \u00c9tienne. 2017. \u00ab\u00a0L\u2019ind\u00e9fendable entre-deux ou l\u2019arbitraire spatiol\u00e9gal du fait m\u00e9tis au Qu\u00e9bec \/ The indefensible in-betweenness or the spatio-legal arbitrariness of the M\u00e9tis fact in Quebec\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Justice spatiale \/ Spatial Justice<\/em>\u00a011 :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jssj.org\/article\/lindefendable-entre-deux-ou-larbitraire-spatiolegal-du-fait-metis-au-quebec\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.jssj.org\/article\/lindefendable-entre-deux-ou-larbitraire-spatiolegal-du-fait-metis-au-quebec\/.<\/a><\/p>\n<p>Sawchuk, Joe. 2001. \u00ab\u00a0Negotiating an Identity: M\u00e9tis Political Organizations, the Canadian Government, and Competing Concepts of Aboriginality\u00a0\u00bb.\u00a0<em>American Indian Quarterly<\/em>\u00a025 (1) : 73-92.<\/p>\n<p>Shirreff, Alexander. 1831. Topographical Notices of the Country lying between the Mouth of the Rideau and Penetanguishene, on Lake Huron, by Alexander Sherriff [sic], Esquire.\u00a0<em>Transactions of the Literary and Historical Society of Quebec<\/em>\u00a02 : 243-309.<\/p>\n<p>Tocqueville, Alexis de. 1860. \u201cQuinze jours au d\u00e9sert : Souvenirs d\u2019un voyage en Am\u00e9rique\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Revue des deux mondes: Recueil de la politique, de l\u2019administration, et des m\u0153urs<\/em>\u00a030 :\u00a0565-606.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Bouchard (Universit\u00e9 du Nord de la Colombie-Britannique), S\u00e9bastien Malette (Universit\u00e9 Carleton), Guillaume Marcotte (Historien ind\u00e9pendant) Image: Barrages et \u00e9cluses \u00e0 l\u2019\u00eele Long, sur le canal Rideau, Haut-Canada, Ottawa. John Philip Bainbrigge. Vers 1842. Biblioth\u00e8que et Archives Canada, 1970-188-1989. Bytown (Ottawa) a servi, d\u00e8s sa fondation en 1826, de carrefour commercial aux M\u00e9tis et autres [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"edited-by":[33],"class_list":["post-1157","propios-terminos","type-propios-terminos","status-publish","hentry","edited-by-van-troi-tran-universite-laval"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/propios-terminos\/1157","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/propios-terminos"}],"about":[{"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/propios-terminos"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"edited-by","embeddable":true,"href":"https:\/\/waunet.org\/wcaa\/wp-json\/wp\/v2\/edited-by?post=1157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}